Les Petits Chanteurs de Passy

Manécanterie affiliée aux Pueri Cantores

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Notre nouveau CD: "Salve!"


  

Les Petits Chanteurs de Passy ont enregistré le week-end du 19 et 20 novembre un CD, dont le titre est "Salve!". Il est composé de 11 morceaux nouveaux, et 12 autres repris d'anciens enregistrements, inédits ou épuisés pour la plupart.

 

Ce CD nous permet, à l'occasion des 55 ans de la manécanterie, de tracer une rétrospective sur quelques années de la manécanterie, pouvant intéresser tant notre public que les parents et les anciens qui suivent notre évolution.

 

Bien sûr, ce CD sera pour nous une source non négligeable de revenus, car, comme vous le savez, le public demande souvent en fin de concert un CD interprété par les chanteurs qu'il vient d'entendre. Pour autant, l'avance de fond nécessaire à ce projet ayant été non négligeable, nous comptons sur le soutien que vous pourrez nous témoigner en en faisant l'acquisition.

 

Il représente aussi pour les petits chanteurs, anciens et actuels, un élément de fierté et de motivation en s'inscrivant dans une tradition vivante.


Les Petits Chanteurs de Passy vous remercient par avance de votre soutien. Vous pouvez utiliser ce lien pour télécharger le bon de commande.



Liste des titres:


1)      Salve Regina de CONTRACT enregistré en 2011

2)      Popule meus de PALESTRINA 1992

3)      Crux fidelis de PALESTRINA 1992

4)      Ave maria de VICTORIA 1997

5)      Domine non sum dignus de VICTORIA 2001

6)      Chant des oiseaux de JANNEQUIN 1986

7)      Pavane Belle qui tient ma vie d'ARBEAU 2011

8)      Thou knowest Lord de PURCELL 2010

9)      In Nativitatem Domini canticum de CHARPENTIER 2001   

10)   Ave Verum de MOZART 2011

11)   Locus Iste de BRUCKNER 2011

12)   Cantique de Jean Racine de FAURE 2011

13)   Panis angelicus de FRANCK 2001

14)   Tollite Hostias de SAINT SAËNS 2011

15)   O sacrum convivium de PEROSI 2011

16)   O salutaris Hostia de CAPLET 1986

17)   Notre Père de DURUFLE 2011

18)   Noël nouvelet d'ALAIN 2008

29)   Marche des petits oignons de BOVET 2001

20)   Le voici le gai printemps de BOVET 1986

21)   Deep River (SPIRITUAL) 2011

22)   Everybody sing freedom (SPIRITUAL) 2011

23)   Go tell it on the mountain (SPIRITUAL) 2011



(Extrait du livret)

À propos des œuvres

 

L’origine du mot manécanterie provient du latin mane cantare, signifiant « chanter le matin ». Et effectivement, depuis les temps les plus anciens, les manécanteries composées d’enfants ont fait monter vers le Ciel la louange du Seigneur. Cette tradition, attestée au temple de Jérusalem dès l’époque du Roi David a été reprise par l’Église Chrétienne. Avec l’évangélisation de l’Europe occidentale, la musique d’église se répand, et commence à être codifiée sous l’ère carolingienne. C’est le chant dit grégorien, monodique et a capella. Le Salve Regina sur le ton solennel, composé par le bienheureux moine bénédictin Hermann Contract (†1054) au XIe siècle se situe dans la continuation de ce corpus carolingien.


Longtemps immuable, la musique sacrée va connaitre une révolution au XIVe siècle avec l’introduction de la polyphonie, qui se développe à la Renaissance, encouragée par le concile de Trente. Le plus grand compositeur de l’époque, Giovanni Pierluigi da Palestrina (1525 ou 26 - 1594), est maitre de chapelle à la cour pontificale. C’est pour la maitrise de la chapelle Sixtine qu’il a composé ses impropères du vendredi Saint dont sont extraites les paroles du Christ en Croix Popule meus et Crux fidelis. Son disciple espagnol, Tomás Luis de Victoria (1548 - 1611) exprime la dévotion de la Contre-Réforme envers la Vierge Marie et le Saint Sacrement avec son Ave Maria à huit voix et le Domine non sum dignus. C’est également à la Renaissance que la musique profane emprunte ses caractéristiques à la musique sacrée. Les chansons polyphoniques à thème poétique ou galant sont alors particulièrement répandues en France, et Clément Janequin (1485 - 1558) en est le maitre incontesté avec Le chant des oiseaux où les voix des chanteurs imitent les trilles de différentes espèces. Thoinot Arbeau (1520 - 1595), chanoine de Langres ayant composé un traité de danse nous a fait parvenir la pavane Belle qui tient ma vie.


En Angleterre, la Réforme Anglicane a conservé jusque tardivement une tradition musicale sobre, comme en témoigne le choral Thou knowest Lord, extrait de la musique pour les funérailles de la reine Mary II en 1695 composée par Henry Purcell (1659 - 1695). En France, le Grand-Siècle mitige les codes stricts hérités de la Renaissance, permettant en musique sacrée l’emploi d’instruments et d’un langage musical plus expressif : In nativitatem Domini canticum de Marc-Antoine Charpentier (1643 - 1704) est un petit oratorio pour le temps de Noël typique de l’époque baroque, où un narrateur répond à divers personnages de la crèche.


Une certaine sécularisation de la musique sacrée s’observe à l’époque classique du fait de la vogue du style dit « galant ». Wolfgang Amadeus Mozart (1756 - 1791), maitre de chapelle des Évêques de Salzbourg, compose en 1791, année de sa mort, son désormais célèbre Ave verum, œuvre destinée à la célébration de la Fête-Dieu.

Témoin de la même dévotion eucharistique, le Locus iste d’Anton Bruckner (1824 - 1896), composé en 1869, prend le parti d’une poignante simplicité. La musique sacrée du XIXe siècle en effet réagit contre le caractère théâtral de le la production classique, en étant profondément sentimentaliste. Le Cantique de Jean Racine de Gabriel Fauré (1845 - 1924), sans doute son œuvre la plus connue, date 1864, alors que le compositeur est âgé de seulement dix-neuf ans. Le texte du célèbre dramaturge est une paraphrase poétique fortement teintée de jansénisme de l’hymne latine Consors paterni luminis écrite par Saint Ambroise. Contemporains de Fauré, César Franck (1822 - 1886) et Camille Saint-Saëns (1835 - 1921), tous deux organistes de grandes églises parisiennes, nous ont laissé notamment le fort connu Panis Angelicus, extrait de la Messe à trois voix de Franck, et le motet Tollite hostias, choral final de l’oratorio de Noël de Saint-Saëns.

Au début du XXe siècle, l’Église songe à encadrer la musique sacrée afin de s’assurer qu’elle soit au service de la liturgie. C’est dans ce mouvement appelé « Cécilien » que le cardinal Lorenzo Perosi (1872 - 1956), maitre de chapelle du Pape Saint Pie X produit de nombreux motets au style simple et inspiré de la Renaissance, comme l’O sacrum convivium. Si l’inspiration des compositeurs de musique sacrée de l’époque moderne provient principalement de la tradition de l’Église, tous ne rentreront pas strictement dans le cadre préconisé par Monseigneur Perosi. La production religieuse d’André Caplet (1878 - 1925), tel son  O salutaris à trois voix égales, se distingue ainsi par son audace, s’affranchissant à l’occasion des règles de l’harmonie. Maurice Duruflé (1902 - 1986), organiste de l’église Saint-Etienne du Mont à Paris vivra lui la réforme liturgique ordonnée par le deuxième concile du Vatican, et il sera l’un des rares compositeurs de son époque à promouvoir le retour aux sources du chant grégorien suggéré par la constitution pontificale sur la musique sacrée de 1972. Ainsi dans son Notre-Père composé en 1978, chaque phrase de l’oraison dominicale est mise en musique séparément et avec une homophonie sans détour, suggérant un rythme d’oraison contemplative. Jehan Alain (1911 - 1940) préfère une inspiration résolument populaire, ainsi qu’en témoigne le Noël nouvelet, extrait d’un recueil de chants de Noël harmonisés par le jeune compositeur.


Le répertoire des manécanteries ne se borne cependant pas à la seule musique sacrée, ainsi qu’en témoignent deux chansons de l’Abbé Joseph Bovet (1879 - 1951), La marche des petits oignons et Le voici le gai printemps, composées pour les Petits Chanteurs de Fribourg. C’est aussi dans la seconde moitié du XXe siècle que les spirituals d’Amérique firent leur entrée au répertoire de la Fédération des Petits Chanteurs. Parmi les plus connus, Deep river et Everybody sing freedom évoquent l’espérance des esclaves noirs en une vie meilleure après la mort, et Go tell it on the mountain pour le temps de Noël est une jubilation naïve.

 


Georges-Henri Galey